Darcos relève ses manches. Le ministre de l'Éducation Nationale veut relooker le lycée poussiéreux à coup de tatane dans la fourmilière, avant de s'attaquer au bac vieillot. Moins d'heures et plus de liberté, un programme qui claque sa mère, mais si on le mérite!
Pour la rentrée 2009, Xavier Darcos rêve d'un lycée plus autonome avec des journées plus courtes pour les élèves. « Il n'y a que chez nous que l'on croit former de bons lycéens en imposant une cohorte de cours et des programmes hystériques » disait-il fin juillet en présentant son projet. Le petit monsieur n'est pas du genre à mâcher ses mots.
Ce lycée du futur sera organisé en semestre comme dans l'enseignement supérieur avec des cours plus pointus. Le but, préparer les jeunes à l'entrée en fac, histoire que vous ne vous plantiez pas sauvagement dès la 1ère année. Autant dire, bande de filous, qu'il va aussi falloir que vous vous sortiez les doigts.
Concrètement, 3 types d'enseignements vont s'offrir à vous. Pour tous, un tronc commun (avec lettres, maths, histoire-géo, deux langues vivantes et sport). Ensuite au choix, il y aura les modules "exploratoires" et ceux d'"accompagnement". Comme à la fac, les modules pourront changer entre les 2 semestres pour s'adapter à chaque projet d'avenir. Choix, liberté, aide, un peu plus et ces mots donneraient envie de retourner au bahut…
Les filières classiques L, S et ES devraient disparaître. Paix à leur âme. À leur place, 4 "dominantes" : humanité et arts, sciences, sciences de la société, technologie. Adieu la vieille guerre entre la masse de matheux boutonneux et les quelques littéraires rebelles. Tout fout le camp ma brave dame.
Le détail sur la réforme de la classe de seconde est prévu pour novembre. Ça sera en 2010 pour la classe de première et en 2011 pour la term'. Dans la foulée, le bac sera relooké pour 2012. D'ici là, ça risque d'être rock n' roll à l'école.
Réforme élitiste ?
« Si l'éducation est une richesse pour notre pays, la réforme ne doit pas se faire avec des économies ! » (un prof en colère)
En réponse à M. Darcos, les profs et les associations pédagogiques seront dans la rue le 19 octobre pour défendre leur vision de l'école au cri de « L'éducation est notre avenir : il ne doit pas se décider sans nous ! »
Les professionnels de l'éducation grognent contre le gouvernement qui agit seul. Ils ont pourtant leur mot à dire sur la réforme d'un univers qu'ils connaissent mieux que personne : « faire réussir tous les jeunes, pas seulement les plus favorisés ou les plus méritants » (Appel des 21 organisations au mouvement du 19 octobre).
« Sur la réforme plane l'ombre d'un lycée à 2 vitesses, c'est ça qui nous fait peur », remarque Jean, prof de français rencontré à la sortie d'un collège de Villejuif. « Darcos promet des moyens, financiers et en personnels, aux établissements selon les besoins de leur public. Autant dire qu'un bahut comme Henry IV a moins de souci à se faire qu'un collège du 93 ! »
Plus que la réforme en elle-même, ce sont les économies que Darcos veut faire sur le dos des élèves (baisse du budget et suppressions de postes) qui met le feu entre le ministre et les profs. Ça au moins, ça ne changera jamais.
Pruine
À noter : Le 19 octobre, 21 organisations représentants des enseignants (Sgen, Cgt, Unsa, Fsu, Sud), des parents (FCPE), des élèves (FIDL et UNL) et des étudiants (UNEF) ainsi que des mouvements pédagogiques appellent à une grande mobilisation dans les rues de Paris.
Mot d'ordre de la manif « Un pays, une école, notre avenir ».
La pétition et l'appel sont en ligne :
http://www.uneecole-votreavenir.org