La suppression de la pub aurait pu être une bonne idée. Malheureusement, lancée comme une bombe lors d'un show médiatique, cette idée a plombé le moral des chaînes publiques. Bizarre de pas être content quand on vous promet des "programmes de qualité"…
La France a peur. D'ici un mois, on ne pourra plus aller faire pipi à la coupure pub des programmes diffusés sur France Télévisions. D'ici un mois, on sera obligé de manger avec mamie pour ne pas louper le début de « La Grande vadrouille » ou de « Mon Curé chez les thaïlandaises »… Ben oui, parce qu'avec un budget grand comme Mimie Mathy, on risque de s'en bouffer de la rediff'.
Le 5 janvier, la pub devrait disparaître après 20h de France 2, 3, 4, 5 et… Ô (merci les 2 du fond). C'est la fête chez TF1 et M6. À eux les tunnels de pub qui rapportent grave.
Cependant, le vote de la loi par les députés peut durer plus longtemps que prévu. En effet, l'opposition discute chaque point de détail des 1000 pages du texte dans l'espoir de retarder l'échéance. Le jeu en vaut la chandelle. La fourchette du manque à gagner des chaînes publiques est estimée entre 450 millions, selon la commission Copé en charge du dossier, et (seulement) 250 millions d'euros selon l'Association des Chaînes Privées, TF1, M6 et Canal +.
La TV du futur, avec les frères Bogdanov !
Malheureusement pour les amoureux de « Chambourcy oh oui ! », le problème n'est plus de savoir si la loi va passer, mais quand va-t-elle passer. Les tentatives désespérées des députés de gauche et ceux de droite (car il y en a), qui s'insurgent contre la réforme de l'audiovisuel, sont vaines. La résistance de l'opposition a même été qualifiée d' « obstruction » par la majorité. Ouch !
Mais alors qu'il a fallu 4 ans pour réformer intelligemment la BBC anglaise (prise comme modèle par les pro-réforme), France TV est "bidouillée dans l'urgence en moins d'un an" selon Noël Mamère, fervent défenseur de la télé publique.
Mais plus que l'urgence, c'est l'indépendance qui est remise en cause. Le Président de France TV sera désormais choisi par l'éxécutif (le Président Sarkozy, ndlr). Si le retour possible à la télé de papa est décrié par le MoDem, le 1er ministre M. Fillon s'en est défendu en arguant qu'aujourd'hui c'est le CSA qui nomme le président de France Télévisions. Et les membres du CSA étant choisis par le président de la République... Bref, ça va pas changer grand-chose. D'ailleurs, Patrick Sabatier et les Bogdanov sont déjà revenus.
Enfin, les discussions enflammées semblent inutiles. Par la voix de Madame Albanel, ministre de la Culture, le gouvernement a prévenu de son intention de faire passer la loi par décret si aucun accord n'est trouvé avant la trêve de noël du 23 décembre. Et ça, « c'est plus fort que toi ».
L'appel de Marianne pour l'indépendance et le pluralisme des médias
Pruine