Aaaaaah sproutch ! Ceci était l'onomatopée symbolisant la crise financière qui secoue notre planète ; sous vos applaudissements. Mais rassurez-vous : « en France, notre économie est solide. Et puis, le pire est derrière nous »… Enfin, c'est ce que disent nos dirigeants.
Les faits :
Lundi 29 septembre, la bourse de Paris connaissait sa plus forte baisse depuis mai 2005. En dégringolant de 5.04 %, le CAC 40 (qui réunit les 40 plus grosses valeurs de la bourse) a montré que la crise financière américaine s'est étendue en Europe. L'effet domino tant redouté par Nicolas Sarkozy est bien là.
Les banques commencent à se casser la figure, comme Fortis dans le Benelux - qui a subi une nationalisation partielle - ou Bradford & Bingley en Grande-Bretagne. Plus récemment, c'est l'établissement Dexia qui a nécessité un sauvetage de la part de la Belgique (5 milliards) et de la France (1 milliard... oui, ça fait 6 milliards, bravo, vous êtes des génies en math). Après ce séisme financier, quelles sont les conséquences pour notre économie ? Peut-on parler de récession ?
Toi aussi, deviens écononomiste !
Pour vous répondre, je pourrais me contenter de vous passer cette vidéo mais ce n'est pas le but de ce site. Pour vous aider à comprendre ce qui va se passer, j'ai donc fait appel à Marc Touati, économiste de son état, travaillant chez Global Equities.
Rappelez-vous mardi 30 septembre. Les banquiers et les assureurs de notre pays sortaient du bureau de Nicolas Sarkozy, le regard aussi franc et honnête qu'un arracheur de dents du XIIIe siècle. « Le système financier français est un système stable, qui a une solvabilité très confortable » assurait Henri de Castries, président d'Axa.
« Pour l'instant c'est vrai », rétorque Marc Touati qui précise que les établissements ont été moins touchés par la crise financière que les autres banques. « En France, l'activité de finance pure, représente seulement 25 % de l'activité bancaire. Le reste, c'est de la gestion de comptes en banques pour vous, moi et les entreprises. Pour l'instant, le système est sauvegardé. Mais c'est illusoire de croire qu'il n'y aurait pas d'impact. »
En effet, les banques françaises ont quand même perdu 20 milliards d'euros depuis le début de l'année à cause de ces 25 % d'activité de marché. L'enjeu est donc qu'il n'y ait pas de contagion entre les activités de marché et les activités de dépôts.
Et ce chômage, il est pour toi
Pour sauver le système, il n'y a pas 36 solutions. D'après Marc Touati, ont doit « copier les américains, faire un plan de soutien aux banques pour sortir leurs mauvaises créances et les faires redémarrer sur des bases plus saines ». Cela implique évidement de faire une entorse aux dogmes des libéraux et envisager d'utiliser l'argent du contribuable (c'est-à-dire le votre) pour renflouer des financiers sans scrupules… Pas facile comme position. Voilà pourquoi Nicolas Sarkozy fait des pieds et des mains pour convaincre ses copains européens de monter un plan commun comme le plan Paulson au USA. Mais bon là, il ne faut pas être un spécialiste pour deviner que sa proposition va finir dans les corbeilles à papiers (l'Allemagne lui a déjà dit non).
"This is recession !"
Alors, est-ce que "le pire est déjà derrière nous", comme le dit si bien Christine Lagarde.
« Oui et non » rétorque Marc Touati. « En ce qui concerne la crise financière, la bourse ne peut pas tomber plus bas. Mais d'un point de vue économique le pire est vraiment encore à venir ». Au programme, des banquiers se transformant en picsou et refusant des prêts ( "vous n'avez pas prévu de faire de hautes études j'espère" ), des entreprises sans un rond qui licencient, baissent les salaires et ne se développent plus, fautes d'investissements. On appele ça la recession - une contraction du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs - et on est en plein dedans.
Alors, bienvenu dans un monde de chômage, de pouvoir d'achat (encore) en baisse et de bébés chats abandonnés sur le bord du trottoir. Et ce, au minimum, jusqu'à l'été 2009.
Docjones
Si vous êtes un gros nulos en économie et que vous ne savez pas pourquoi on est dans le caca, commencez par potasser le BA.BA de la crise des subprimes.