Ould Hammadi, Militant à DAL (assoc de droit au logement) depuis 5 ans.
Ce père de famille divorcé semble être au bord du gouffre et pourtant il s'accroche. Depuis 2000, il n'a pas de logement fixe. Une horreur au quotidien : « je dors 15 jours à l'hôtel puis je squatte chez des amis ou dans ma famille. Mes deux fils de 11 et 15 ans ont des maladies de peau à force de dormir dans des lits qui ne sont pas à eux ».
Depuis tout ce temps, il a épuisé tous les recours légaux. Rencontre avec le maires, demandes de relogement multiples, rien n'y fait. « quand la mairie me dit qu'elle a trouvé un logement je m'y rends mais les propriétaires ne veulent jamais me louer leur appartement. » Racisme ? Ould hausse les épaules : « c'est stupide, je suis Français depuis 25 ans, j'étais même pompier avant. »
Il y a 6 mois, son dossier a été jugé favorable par la commission du DALO. Depuis, plus rien. « On vit au jour le jour, sans savoir chez qui on va dormir le lendemain. À présent je mens à mes enfants en leur promettant chaque mois que l'on va avoir un toit, je ne peux pas me permettre de craquer devant eux. ». Pire que le manque de logement, il dénonce le manque d'écoute de la part des pouvoirs publics : « Dès que j'aborde le sujet du logement avec les élus locaux, ils se mettent à fuir. Selon moi, ils veulent nous éliminer comme si on était le symptôme de la misère en France. »
En attendant de pouvoir dormir un jour dans son propre lit, Ould n'a qu'une seule peur; qu'on lui enlève ses enfants. « dès que j'insiste un peu trop à la préfecture ou à la mairie, on m'agite cette menace. »
Propos recueillis par Docjones