Barack Obama est devenu, le 44e président des Etats-Unis d'Amérique faisant du 4 novembre 2008 une date historique. Et maintenant, que va-t-il se passer ?
Régler la crise économique, stabiliser le Moyen-Orient, dialoguer avec l'Iran, réduire la dette des Etats-Unis, fermer Guantanamo et empécher Lââm de rechanter la Marseillaise. Oui, Obama a du pain sur la planche. Malgré l'aspect exceptionnel et historique de cette élection, le nouveau président est attendu au tournant pour incarner véritablement le changement.
Sur le plan national, c'est une économie aussi abimée qu'un écureuil passé sous un 4x4 qui l'attend. 7,3 millions de foyers ne pourront pas rembourser leurs prêts entre 2008 et 2010 et 4.3 millions pourraient perdre leurs maisons selon la firme de recherche Moody's Economy.com.
A cette crise des subprimes vient s'ajouter une inflation (c'est-à-dire une montée des prix) de 5 % et un déficit budgétaire de mille milliards de dollars pour l'année 2008. Mais ce n'est rien quand on sait que la dette des Etats-Unis pourrait figurer dans le Guinness book avec - accrochez-vous - dix mille milliards de dollars.
Pour répondre à ce défi, le programme d'Obama est clair : taxer les plus riches qui ont vus leurs impôts baisser avec Bush. 60 milliards devraientt aussi être débloqués pour aider les ménages à rembourser leurs prêts hypothécaires.
Sur le plan social, Obama a aussi promis la mise en place d'une couverture santé universelle. Pour le moment, 46 millions d'Américains sur 300 millions en sont dépourvus. L'idée serait d'obliger les employeurs à assurer les salariés ou, sinon, à contribuer à un fond public. Cela n'a l'air de rien, mais cette idée est une petite révolution dans un pays ou la mentalité ultra libérale suggère que les pauvres le sont… parce qu'ils le méritent.
This is USAAAAAA !
Sur le plan diplomatique il y a aussi beaucoup de travail à faire. L'une des premières actions du nouveau président sera de changer l'image des Etats-Unis. Deux guerres contre le terrorisme, un unilatéraliste hautain et de multiples scandales autours de la torture ont contribué à donner aux yankees, une image pas vraiment « top moumoute ».
L'une des premières choses à faire est de fermer Guantanamo. Ce centre pénitencier situé dans une enclave de Cuba est une zone où les droits les plus fondamentaux comme ceux garantis par la convention de Genève, ne s'appliquent pas. 255 personnes y sont encore incarcérées; 75 sont passibles d'être jugés et une soixantaine pourrait être libérée s'ils trouvent un pays d'accueil. Mais cette libération risque de poser des problèmes de logistique (la CIA ne sait toujours pas où les terroristes présumés seront incarcérés).
L'Irak est aussi une priorité. Le mot d'ordre ? Se barrer au plus vite en priant que l'Etat mis en place tienne le coup. La date est fixée pour la fin juillet 2010. Mais comment garantir la stabilité de la région ?
« En négociant avec l'Iran », me répondez-vous (bravo, vous êtes trop fort). Plutôt que de catégoriser le pays comme « axe du mal », Obama veut lui donner, ce qu'il réclame : un dialogue d'égal à égal et la reconnaissance du régime, attendu depuis 1980. En échange le président Ahmadinejad sera prié de mettre un frein au développement de ses armes nucléaires et de cesser de brandir un poing vengeur et outrancier vers Israël (qualifié il y a peu de « cancer » du Moyen-Orient et autres joyeusetés).
Plus généralement et sans plus de détails, on sait que l'élection d'Obama marque le retour des Etats-Unis dans le dialogue multilatéral. Fini les phrases du genre « vous êtes avec nous ou contre nous ». Au programme : des relations plus cool avec l'Europe et notamment avec Sarkozy qui qualifie le nouveau président de « copain ». On peut aussi espérer une réelle réflexion sur le réchauffement climatique, même si l'idée de taxer les revenus pétroliers risque de tomber à l'eau avec la chute du prix du baril.
Bref, après le youpi tralala de ces prochains jours, l'Amérique risque bien de se retrouver sur le divan d'un psy quand elle va voir ses deux plus grosses mamelles - la consommation et l'endettement- remises en question.
Docjones