Entre le pixel art et l'utilisation de bits MIDI, les geeks qui ont grandi dans les années 80 se mangent une pleine plâtrée de madeleines de Doom. Comprenez que le retrogaming est en plein essor.
Pourtant, si vous fouillez un peu dans votre mémoire, vous retrouverez sans doute des souvenirs douloureux liés à un jeu mal foutu. Si l'on se plonge avec sérieux dans l'univers de la NES ou de la Mégadrive, le résultat est sans appel. On se retrouve avec quelques hits qui ont marqué toute une génération de gamers et un sacré paquet de daubes. Pourtant, un homme a décidé d'aller au-delà des graphismes pourris ou des gameplay douteux. Il s'agit du « joueur du grenier ».
Exit la diarrhée
Le concept de ces reviews est tiré des vidéos de l'Angry Video Game Nerd qui existe depuis 2006. Il s'agit d'un geek totalement barré qui teste les pires jeux vidéos de l'histoire des consoles. Entre son humour scato et un usage prononcé du mot « fuck », ce personnage interprété par James D. Rolfe personnifie à lui tout seul le mauvais goût. Tout est bon pour exprimer sa colère et sa frustration face à des softs injouables même une bonne chiasse. Forts de son succès, de nombreux internautes anglo-saxons ont tenté d'imiter le maitre. Il a fallu attendre 2009 pour que ce genre de vidéos arrive au pays des fromages qui puent.
Fréderic Mollas et son collègue Sébastien Rassiat, tous deux techniciens dans l'audiovisuel, ont diffusé « Le joueur du grenier » en septembre dernier. « On voulait se lancer dans des vidéos sur le retrogaming » explique Fréderic, qui tient le rôle titre. Armé d'une chemise hawaïenne piquée à Magnum et d'une mauvaise humeur explosive, notre geek a donc replongé dans les jeux les plus invraisemblables des années 80 et 90 pour en tirer des « angry review » à la sauce bleu blanc rouge.
La nostalgie, c'est moche
Afin d'adapter le concept pour un public français, Frédéric Mollas a évité l'humour scato des vidéos originales tout en gardant les principes de mise en scène. Ainsi chaque épisode met à l'honneur un jeu de console réputé pour sa difficulté ou son mauvais gameplay. A la vue des tests comme Dark Castle , une chose frappe du premier coup : les jeux d'hier étaient d'une difficulté aujourd'hui inimaginable. Bien sûr, on parle là de jeux console, censés être à la portée d'un môme de 6 ans. "Hormis certains jeux de rôles, les jeux se finissent super rapidement ", confirme Fréderic. "On ne tolère plus la répétition, on doit avoir l'impression que chaque minute est différente, alors qu'à l'époque on se tapait sans broncher des trucs identiques pendant des heures." En regardant ces vidéos vous hésiterez à dire "c'était mieux avant".
Afin de rendre les vidéos plus sympas, des extraits vidéos et des petits squetchs ponctuent les tests et permettent d'apporter une illustration décalée. En effet, nos deux compères savent manier l'humour référentiel à coup de génériques tirés du club Dorothée, ou d'extraits du dessin animé Tintin. Entre deux reviews, vous aurez même droit à une présentation de l'émission Téléchat, qui a traumatisé des milliers de bambins innocents. Visionner le joueur du grenier, c'est l'occasion pour les nerds de 25 ans de se replonger dans un grand trip nostalgique à l'esthétique hideuse et pourtant réconfortante. Que du bon.
Docjones
La chaine YouTube du joueur du grenier.