Oui, les bûcherons peuvent être poètes, comme Lââm peut chanter juste si elle veut. Avec leur album sorti cet été et leur concert parisien à venir, il n'est pas trop tard pour faire connaissance avec un des groupes de l'année.
Le folk a dû naître à Seattle, ville d'origine des 5 beaux mâles de Fleet Foxes. Ils descendent des montagnes enneigées, des flocons plein les cheveux pour faire chanter les grands espaces à nos oreilles.
Leur musique sent le feu de bois et la peau de bête. Les harmonies vocales de ces barbus romantiques donnent envie de se rouler dans une couverture et d'écouter tranquillement leurs voix près d'une cheminée. Si possible avec le vent frappant doucement les vitres. Ou pas.
Vous n'êtes pas obligé d'être en RTT ou chômeur pour savourer leurs chansons, elles s'apprécient aussi dans le métro ou après le boulot. Égoïstement, pour rêver.
Le clip de White Winter Hymnal reflète bien ce besoin humain de se raconter des histoires simples et tendres. Ces images de marionnettes réveillent notre joie enfantine devant les vitrines de Noël. Un petit goût de nostalgie en plus.
De la douceur dans un monde de brutes (ou La colline a des yeux)
Avec ce choix malin de pochette d'album (le tableau Le monde à l'envers de Bruegel), Fleet Foxes force à s'interroger sur la nature d'une œuvre. Des détails de la vie quotidienne peuvent soudain devenir sources de rêverie, de fantaisie selon l'axe du regard.
C'est pareil avec leur son, selon les émotions du moment. Du haut de leur colline, ils nous montrent le chemin. Et des titres comme Blue Ridge Mountain ou Your Protector entraînent l'auditeur imprudent hors des sentiers battus. La nature s'étale à perte de vue et l'on est loin de la pollution et de l'agressivité urbaine. Pas de naïveté pour autant, on est loin mais conscient du monde tel qu'il est. Cette musique offre un nouveau point de vue, en hauteur, à l'air libre.
En se payant le luxe de croquer dans l'âge d'or du folk seventies (Simon & Garfunkel, Joan Baez), Fleet Foxes en fait un conte moderne pour grand enfant en mal de douceur, de poésie. Et pas de honte à aimer ça, ce groupe fait l'unanimité à chaque apparition scénique.
Évidemment c'est beau, mais c'est pas super dansant. Avec eux au moins on ne risque pas le tour de rein de Dancing queen. Tout juste risque t-on de vouloir parler aux oiseaux. Rien de bien méchant.
Pruine
Prochaine occasion de voir Fleet Foxes au festival Inrocks IDTGV le 12 novembre à l'Olympia de Paris, à l'affiche avec Alela Diane, Coming Soon et MGMT.
Toutes les infos sur ce festival : http://blogs.lesinrocks.com/festival-les-inrocks-iDTGV/