Petite série, je parle de toi parce qu'avec ta petite voix et tes petites manies, je t'adore. Showtime a encore craqué pour un héros borderline. Après Dexter, le flic serial killer, ou la mère de famille dealeuse de shit dans Weeds, voici Tara et son trouble de l'identité jouissif dans United States of Tara.
Tara Gregson est malade et elle le sait. Dans un pavillon de banlieue modèle, malgré un mari adorable et deux ados débrouillards, la figure de la femme parfaite se fait botter les miches.
Une maman cool doit faire face à ses doubles envahissants. Elle ne prend plus ses médocs et subit ses personnalités multiples pour le bonheur d'être vraiment elle-même à de rares moments. Entre ces pauses, c'est un joyeux bordel. Alice, la coincée du cul fifties, T., l'éternelle chatte en chaleur ou encore Buck, le vétéran du Vietnam alcoolo, peuvent débarquer sans prévenir et tout foutre en l'air.
La famille s'arrange comme elle peut avec les invités surprises et les sautes d'humeur fracassantes. Max, le mari (John Corbett, Mariage à la Grec) aime sans juger, au point même de trouver du bon dans les failles. Kate, la fille barbie punk du couple et Marshall, le fils intello gay, se construisent vaillamment en profitant de certaines situations folles. Seule Charmaine, la frangine jalouse de Tara, ne voit pas le délire en couleur. Bref, le quotidien est toujours bousculé, chahuté, mais qui a réellement une vie parfaite ?
American way of lie
La force de cette série est là. Le désordre des autres ramène au sien. Et si l'original surgit à la faveur d'une maladie rare, s'y opposent habilement les troubles humains naturels et cachés au chaud des gens honnêtes. Le malade n'est pas celui qu'on croit et les galères de Tara mettent justement le doigt sur les bassesses de ceux qui ont normalement tout pour être heureux. Paradoxalement et pour notre plaisir vicieux, le pavillon des Gregson devient un espace salvateur. Franchise et amour fracassent une Amérique frigide à la gueule de bois.
Le comique de situation surpasse le mal-être qu'on pourrait craindre d'un tel sujet (les TDI ou Troubles Dissociés de l'Identité). À gérer les choses comme elles viennent, sans panique inutile ni angoisse démesurée, Tara et sa famille bancale surfent habilement et nous touchent. Toutes nos peurs de scenarii plombés sont à chaque fois balayées par une vanne tueuse ou une référence malicieuse.
United States of Tara (UsoT pour les fans) est diffusée depuis le 18 janvier 2009 aux États-Unis. Bébé de Diablo Cody, la géniale scénariste de Juno (petite merveille du ciné indie US) la série est produite par le grand Steven Spielberg. Pour couronner le tout, Tara est interprétée par Toni Collette (Muriel, Little Miss sunshine). Tara est un rôle monstre, facétieux et casse-gueule. Personnage fort multiplié par 4. Le défi est relevé avec toute la classe que l'on pouvait attendre et même plus. Chaque figure a ses gestes, son phrasé, sa démarche. Toni Collette, impeccable girl next door, est immense. Justement, ne vous privez pas de la saveur douce-amère de ce bijou : la V.O est essentielle.
Ces épisodes bonbons de 26 minutes connaissent un bon succès d'audience pour Showtime, la chaîne challenger de la géante HBO. Avec ses 2 millions de téléspectateurs fidèles en moyenne, la 2e saison de 12 épisodes est déjà signée. La diffusion de ces United States éclatés n'est pas prévue (encore ?) en France. Pas grave, Tara c'est mes nouvelles meilleures copines !
Pruine
Générique de United States of Tara