Après avoir été le point de départ de la vague psychédélique dans les années 60-70, les Etats-Unis sont devenus l'un des pays les plus répressifs en matière de stupéfiants. Ainsi quand une série télé met en avant une maman dealeuse de marijuana, on est forcément curieux de voir le résultat.
Premier constat : Weeds ressemble à Desperate Housewife, une série que vous connaissez sûrement pour ses capacités diurétiques. L'action se passe à Agrestic (l'anagramme de « cigarets »), une ces grandes banlieues américaines désespérantes de conformisme. Mais la comparaison s'arrête là. Point de femme au foyer cherchant l'amour ou tentant de connaitre tous les ragots des alentours. Non, à Agrestic on est au-delà de ce genre d'activité puisque l'on fume. Et pas n'importe quoi. De la bonne herbe qui fait rigoler, vendue par la délicieuse veuve Nancy Botwin dont le mari est mort foudroyé d'une crise cardiaque.
Pour maintenir son niveau de vie (une grosse baraque, un 4x4 et une servante feignasse) elle fait de ce business répréhensible son moyen de subsistance. Évidement ce n'est pas aussi facile, Nancy doit cacher (difficilement) son trafic à sa famille, apprendre les règles du métier de dealeuse et gérer la concurrence qui n'est pas toujours amicale. La première saison se concentre d'ailleurs sur cet aspect d'apprentissage. La jolie veuve doit aussi gérer les problèmes familiaux entre un ado du style « appeau à baffes », un gamin imaginatif qui joue au terroriste devant une caméra et un beauf squatteur totalement irresponsable.
Si la série ne se résumait qu'à ça, elle serait assez plate et chiante. Mais ce n'est pas le cas, grâce aux personnages secondaires et aux superbes dialogues imaginés par le créateur Jenji Kohan. Tous sont complètement déjantés. Cela va de l'avocat véreux au comptable défoncé à la marijuana en passant par la meilleure amie de Nancy, totalement psychorigide. L'humour est omniprésent et les scènes de fumerie ultra réalistes (comprenez ici, que les dialogues et les situations partent dans les hautes sphères du délire). Seul bémol, la série n'a pour le moment été diffusée que sur Canal Plus, les autres chaînes ne voulant pas mettre à l'antenne une série centrée sur la beuh. Il faudra attendre la diffusion annoncée par Virgin 17 pour profiter des bonnes vibes de cette série. En attendant vous aurez droit à la critique de la saison deux d'ici une ou deux semaines.
Docjones