Après la fabuleuse chronique de la saison 1 de Weeds, voici la non moins fabuleuse chronique des saisons 2 et 3 (quand on aime…). L'histoire est toujours centrée sur les aventures de la mère Botwin qui deale de la marijuana pour assurer le train de vie de sa famille. Après avoir fait ses premières armes, la voici à la tête d'un empire du shit qui va lui apporter un tas d'emmerdes bien méritées.
Attention le début de cet article contient de gros spoilers. Si vous n'avez pas encore vu la série vous risquez d'en apprendre plus que nécessaire.
A la fin de la saison 1, Nancy Botwin s'affranchissait de sa fournisseuse (et mentor) habituelle pour se lancer dans la production d'une herbe portant le doux nom de MILF, l'acronyme de « Mother I'd Like to Fuck ». Concoctée amoureusement par son associé Conrad, cette plante s'arrache parmi les habitants d'Agrestic.
Arrivée au sommet de son art il fallait bien que l'héroïne se casse la gueule. C'est chose faite dans ces deux saisons :
Du côté familial, Nancy doit gérer la crise d'ado de Sylas (que les téléspectateurs auront tôt fait de surnommer « l'appeau à gifles »). Elle doit aussi dissimuler (pendant un temps) son trafic aux yeux de Shane le petit dernier.
Côté sentimental, la jolie veuve se maque avec un type plutôt sympa. Manque de bol, c'est un flic de la DEA (brigade des stup' aux US) qui va être au courant de ses activités et lui poser un dilemme. La situation va basculer entre les deux saisons puisque le flic va mal finir, et qu'un gang, dirigée par l'impitoyable et caricatural U-Turn, va prendre le contrôle de la plantation et finir de foutre Nancy dans une merde noire.
La galerie de personnages secondaires qui fait la force de cette série suit aussi son petit bonhomme de chemin : la meilleure copine de Nancy, lance une campagne anti drogues et détrône Doug de son siège de conseiller municipal. Le tonton fait tout pour éviter l'armée et file se réfugier dans une école rabbinique. Même la ville d'Agrestic disparait, en se faisant « bouffer » par Majestic, la communauté voisine, friande de religion et de bonne morale.
Fin du spoiler vous pouvez ouvrir les yeux.
Un éternel recommencement
Finalement, que doit-on retenir de ces deux saisons? Tout comme le business de Nancy, la saison 2 nous transporte vers des sommets. Que ce soit au niveau de l'humour, de l'histoire qui se complique ou du twist qui fait la transition entre les deux saisons, tout est excellent. L'intrigue laisse de la place à des personnages hauts en couleurs (comprenez ici, complètements idiots) et à de nombreux rebondissements. Une critique de l'ère Bush est aussi distillée tout au long des épisodes avec la légèreté d'un pachyderme (ce n'est pas du tout subtil mais c'est marrant). Tout y passe depuis la guerre en Irak jusqu'au fondamentalisme religieux.
Alors qu'est ce qui coince ? La saison 3 malheureusement.
Elle est basés sur la thématique de l'éternel recommencement. On comprend bien que le réalisateur veut nous dire que tout change et qu'il faut savoir adapter. Mais les retournements de situations deviennent trop gros, trop fréquents et nuisent à la crédibilité de la narration. L'humour est également moins présent et certains épisodes donnent carrément l'impression que les scénaristes sont en roue libre. Certaines histoires sont développées puis finissent dans une impasse trois épisodes plus tard. Si le plaisir de suivre les mésaventures de la miss Botwin reste entier, le spectateur averti s'apercevra de cette baisse de qualité. Il n'en reste pas moins que cette série reste une valeur sûre. Le rendez-vous est donc pris pour la quatrième et dernière saison.
Docjones