Un chasseur de prime qui aime son fusil, un tueur à gage qui se la pète et un cinglé qui défouraille à tout va. Entre ces trois coréens, une mystérieuse carte au trésor convoitée par l'armée japonaise, et tout un tas de gangs chinois, mongols ou russes. Mettez le tout dans les grands espaces de Mandchourie, propices aux chevauchées sauvages et vous obtenez un western oriental complètement déjanté.
40 ans après le western de Sergio Leone qui avait sacralisé Clint Eastwood, Kim Jee-woon nous sort un merveilleux hommage à la sauce 4 parfums avec Le bon la brute et le cinglé. Mais oubliez les grandes phases de silences ou les musiques dramatiques d'Ennio Morricone. Dès la première scène, le spectateur sait qu'il va en prendre plein les yeux et les oreilles. Les scènes de gun fight s'enchaînent, l'intrigue se perd un peu mais au final on se retrouve comme un gamin devant de longs plans séquences bien mis en scène et un humour qui n'est pas sans rappeler Indiana Jones.
Tout au long de cette longue course au trésor, les protagonistes n'auront de cesse de croiser d'étranges personnages dans des décors à la fois variés et magnifiques (un marché de brigands, une fumerie d'opium, le désert mandchou...). Les éclairages comme le choix des plans donnent à ce film une esthétique vraiment particulière à la fois belle et généreuse.
La bande son n'est pas en reste puisqu'elle sait parfaitement monter en puissance dans les scènes d'action. Elle sait aussi se faire héroïque et épique comme lors de la scène mythique du film : une course poursuite à cheval/Side car/voiture de 20 minutes dans le désert. Rien que cette séquence vaut largement le prix de votre ticket de ciné.
Alors n'hésitez pas un instant à délaisser Jason Bourne, James bond et tous ces films d'actions formatés que nous offre Hollywood. Allez plutôt réapprendre le sens de l'expression "s'amuser" en allant voir Le bon la brute et le cinglé.
Docjones